mardi 13 mars 2012

Photo-reportage : Une centaine d'étudiant-e-s à l'action dérangeante du Comité autonome d’action de l’UQAC

Photo: Vicky Boutin
Une action « dérangeante », de désobéissance civile, était aujourd’hui organisée à Chicoutimi par le Comité autonome d’action de l’UQAC. Près de 100 personnes y ont participé selon la police de Saguenay. L’action était tenue en lien avec la manifestation de solidarité étudiante internationale à Montréal, ainsi que des actions pour le droit à l’éducation, la même journée, en Colombie, en France, au Chili et en Argentine. Dans des conditions météorologiques et routières assez difficiles, avec des rafales de vent à 50km/h, les étudiant-e-s se sont rassemblé-e-s dès 11 heure à l’entrée de l’UQAC pour attendre les étudiant-e-s de Saint-Félicien et d’Alma. Les conditions étant mauvaises avec le grésil, les manifestant-e-s ont, après un certain temps, tenté d’entrer à l’intérieur pour se réchauffer. Fidèles à leur habitude, les agents de sécurité Garda ont tenté de leur bloquer l’accès, en bousculant même brusquement des manifestants. Après un énergique jeu de chat et de souris dans les portes, toutes et tous purent toutefois entrer dans le pavillon principal où près d’une dizaine de policiers étaient déjà présents. À noter que durant la matinée, des policiers étaient venus faire des rondes dans l’UQAC pour interroger des militant-e-s étudiant-e-s sur l’action prévue et les agents de sécurité se préparaient de façon très visible.

L’autobus transportant les étudiant-e-s de Saint-Félicien et d’Alma arriva à midi et l’action se déplaça à ce moment dans la rue, bloquant en premier lieu le boulevard de l’Université. Escortée par 17 voitures de police, la manifestation descendit par la suite vers la rue Racine, où la Banque nationale fut occupée pendant une dizaine de minutes, pour y dénoncer symboliquement les profiteurs de l’endettement des classes moyennes et moins nanti-e-s, prises au cou par les mesures d’austérité. Une critique sociale qui fut bien comprise des étudiant-e-s, en colère contre les coupures à l’accessibilité aux études. La manifestation est par la suite rapidement remontée vers le Cégep de Chicoutimi, dans laquelle celle-ci entra. En se dirigeant vers le centre social du Cégep, une partie des manifestant-e-s se sont retrouvé-e-s coincé-e-s dans une cage d’escalier – le personnel de sécurité et la police ayant brusquement refermé une porte au milieu de ceux et celles-ci. De longues minutes pour réclamer la « libération » des collègues pri-se-s de l’autre côté de la porte furent nécessaires pour que les agents de sécurité entendent raison et les laissent finalement passer. Certaines sources nous ont indiqué qu’un membre de l’exécutif de l’AGEECC (nous taisons ici son nom, mais honte à lui), qui participait à la manifestation malgré des positions douteuses, aurait prévenu par téléphone la « sécurité » que les manifestant-e-s allaient occuper le local de l’association étudiante. La raison de telles craintes avait trait aux demandes d’interdiction de plusieurs militant-e-s étudiant-e-s contre la hausse des frais de scolarité par cette association, soulevant de nombreuses critiques dans la communauté étudiante régionale. Après avoir quitté le Cégep, la manifestation se dirigea enfin vers l’UQAC où les agents de sécurité avaient une fois de plus barricadés les portes pour empêcher les participant-e-s de retourner à leurs activités étudiantes. Rassemblant des étudiant-e-s de tous les cégeps de la région (sauf Jonquière), de l’université et même quelques étudiant-e-s du secondaire, la manifestation fut reconnue comme un succès très positif par les participant-e-s – comme quoi une action dérangeante n’est pas seulement grandement utile pour faire des gains dans les mouvements sociaux, mais peut également être très plaisante et motivante. Celle-ci s’inscrivait dans la vague d’action dérangeante initiée par la Coalition Large de l’Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante (CLASSE) et avait pour visée, à une semaine du dépôt du budget Bachand, de continuer la pression pour faire reculer le gouvernement sur sa position de hausser les frais de scolarité.

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