lundi 30 janvier 2012

Radio populiste de droite : Pourquoi Auschwitz quand on a le grand Nord ?

Nous vous faisons part de ce texte qui nous est parvenu par courriel. N'hésitez pas à faire de même et nous envoyer vos nouvelles et lettres d'opinion.

Les nazis envisagèrent à une certaine époque de déporter plus de 4 millions de juifs et juives sur l’île de Madagascar. En 1940, le troisième Reich abandonna l’idée tout en poursuivant ses déportations massives vers la Pologne en vue de l’application de sa « solution finale ». Pourquoi ce rappel historique? Puisqu’il semble bien que des personnes peuvent aujourd’hui encore évoquer un tel projet sans en être horrifiées. Parce qu’il est nécessaire de rappeler jusqu’où la haine de l’Autre, la désignation de boucs émissaires pour les maux de la société, a pu mener une partie de l’humanité. Le texte qui suit contient la retranscription de deux extraits de propos tenus lors de l'émission Le Show du matin (Kyk Saguenay) du 19 janvier dernier à partir de vers 6h35. Les animateurs de la radio y commentent la vidéo parue sur Youtube d’un adolescent déguisé, se faisant passer pour un assisté social, qui envoie paître ceux et celles au travail. Bien sûr, une telle vidéo est le fruit de tous les préjugés et l’ignorance au sujet de la situation des personnes à faibles revenus et les perpétue. Quoiqu’il en soit, cette seule vidéo apparait aux animateurs comme la preuve irréfutable que le bien-être social devrait être coupé aux prestataires après 5 ans. Il ne peut s’agir ni d’une façon de parler, ni de l’humour. Il s’agit de la stigmatisation de l’une des tranches les plus vulnérables de la société.

(Vers 6h38)
Monette. —…là je vous vois déjà venir. Là je vous entends, la ligue des droits pour les personnes, pis les humains, pis ta-ta-quoi que ce soit. [Puis sur un ton ironique :] ‘Ces gens-là vont se ramasser dans la rue, pis ça va devenir des itinérants’.
Parfait! On règle le problème…
Développement du Plan Nord… On se garde une partie… où ce qu’on se fait une espèce de… Un peu comme à Fermont, un mur ok. Pis on les enferme là-dedans…Toutes les itinérants, du monde dans rue, tu les prends, tu pognes une petite pelle, ramènes ça en arrière, monte moi ça dans le Nord, installe moi ça là. Tu as la paix. Tu en as pu. T’entends pu rien parler. Merci bonsoir.
Co-animateur. — Tu leur fait faire quoi dans le Nord?
Monette. — Ils s’organiseront …ils feront ce qu’ils voudront.
André. — Ils creuseront une mine!
Co-animateur. —Main d’œuvre peut-être? Ils pourraient peut-être travailler?
Monette. —Ils feront ce qu’ils voudront! Je m’en sacre comme dans l’an 40… On fait du ménage là! Je m’en fous où ce qu’on met les déchets nous autres après.
Co-animateur. – Oui mais il y a un danger Carl… Admettons que tu envoies toutes…
(Cacophonie)
Monette. —Tu les castres avant…
Co-animateur. – Attend un peu. Tu les envoie toutes là castrés. Ils trouvent une mine d’Or ou de diamant incroyable… ils deviennent toutes riches.
André. — C’est à l’État!
Monette. — Non! Non! Ils ne seront jamais capables de creuser.

[Quelques minutes plus tard]
(Vers 6h41)
Monette. — Je prends un appel. Oui allo, KYK.
Auditeur anonyme. — Oui, il y a une chose que vous n’avez pas pensé par exemple…
Monette. — Allez-y.
Auditeur anonyme. — Hé! Ça se reproduit ces petites bêtes là… Avec le développement du Nord, on va être rendu avec des villages de bien-êtres, ça va être beau...
Monette. —Oui mais c’est pour ça que j’ai dit qu’on va les castrer avant de les envoyer là-bas.
Auditeur anonyme. —Ah, tu veux les castrer! Ah c’est nous autres qui va devoir payer pour ça!
Monette. — J’aime mieux payer pour les castrer maintenant que de payer pour leurs flots plus tard.
André. —C’est un investissement, ce n’est pas une dépense!
Monette. —C’est un investissement à long terme.
Auditeur anonyme. —C’est ça, c’est Placement-Québec qu’ils appellent.
(Rire)
Monette. — Effectivement…. ça va être plus castrage-Québec par exemple.

J’ai de la misère à concevoir que cela puisse être défendu comme humour ou opinions acceptables dans un média. Une chose est certaine, des gens en tirent profit; ça augmente les cotes d’écoute et les recettes publicitaires grimpent.

Joseph Bérubé


Communiqué - «N'en déplaise aux chambres de commerce, on ne laissera pas les multinationales siphonner nos régions!»

Nous republions ce communiqué du Syndicat des Métallos (national) puisqu'il met le doigt sur une contradiction importante dans les attaques patronales contre les lock-outé-e-s d'Alma : MONTRÉAL, le 30 janv. 2012 /CNW Telbec/ Si la Fédération des chambres de commerce a un problème avec le lockout chez Rio Tinto Alcan, elle n'a qu'à s'en prendre à l'employeur. Dans un communiqué émis vendredi, la Fédération des chambres de commerce a reproché aux lockoutés de RTA et à leur Syndicat de mener une campagne internationale pour préserver les emplois à Alma.

«C'est le monde à l'envers. Les Métallos se battent pour préserver l'économie régionale, pour maintenir le même volume de masse salariale dans la région et les chambres de commerce nous le reprochent. C'est bien beau le Plan Nord et les investissements étrangers, mais ce n'est pas un passe-droit pour vendre notre âme et laisser des multinationales siphonner nos régions»
, tonne le directeur québécois du Syndicat des Métallos, Daniel Roy.

Rappelons que les Métallos réclament des balises à la sous-traitance pour empêcher RTA de remplacer systématiquement des emplois directs par d'autres rémunérés à la moitié du salaire. «On comprend très bien que la Fédération des chambres de commerce aimerait bien que les syndicats s'écrasent devant les multinationales. Mais je me permettrai de lui rappeler que la mondialisation a été voulue par les gouvernements et les organisations patronales. On nous a imposé la mondialisation, maintenant qu'on en subit les effets, c'est la moindre des choses qu'on se défende à l'échelle de la planète», poursuit M. Roy.

Le Syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, est le plus important syndicat du secteur privé au Québec. Il regroupe plus de 60 000 travailleurs et travailleuses de tous les secteurs économiques (mines, métallurgie, bois, fabrication industrielle, sécurité, hôtellerie, restauration, camionnage, taxi…).

Syndicat des Métallos (national)

Pour terminer en musique...

dimanche 29 janvier 2012

Mumia Abu-Jamal, prisonnier politique étatsunien depuis plus de 30 ans

L'irrégularité du système de justice aux États-Unis

Paru dans le quotidien La Jornada
: Mumia Abu-Jamal, l’un des prisonniers politiques étasuniens les plus connus au monde, a quitté le couloir de la mort de Pennsylvanie après plus de 30 ans à passer chacun de ses jours condamné à une exécution qui était le fruit d’un processus juridique bourré d’irrégularités.

De nombreux collectifs dans le monde luttent pour la libération de Mumia, journaliste et activiste afro-américain, ex-membre des Black Panthers. Son combat en faveur des droits des minorités en a fait non seulement un symbole contre la peine de mort, mais aussi une référence pour la lutte sur le plan international. Son affaire est un concentré de toutes les irrégularités du système judiciaire des États-Unis, mais le 7 décembre dernier, un triomphe a été obtenu : le Parquet de Philadelphie a annoncé sa décision de ne pas continuer à demander la peine capitale pour Abu-Jamal.

Le 9 décembre 1981, Mumia a été accusé de l’assassinat à Philadelphie du policier Daniel Faulkner. Il s’en est suivi un procès bourré de violations de la Constitution et de violations des droits civils, avec, en plus, dissimulation de preuves à décharge de la part de policiers, de procureurs et du juge lui-même. Actuellement, selon l’association « les Amis de Mumia Mexique », lors de son transfert au pénitencier de moyenne sécurité de Mahanoy, les autorités de la prison ont trouvé un nouveau prétexte pour le maintenir dans l’Unité de cellules restrictives (RHU) : ses dreadlocks. Les autorités de sa nouvelle prison affirment qu’Abu-Jamal restera au trou tant qu’il ne coupera pas ses cheveux qui, évidemment, maintenant, lui arrivent aux pieds, et sont le symbole de sa résistance constante et une affirmation de vie et de rébellion contre un système mortifère.

Furieux de n’avoir pas pu assassiner Mumia par la voie légale, les autorités cherchent tous les prétextes pour l’enterrer vivant et éteindre sa lutte. Pendant de nombreuses années, Mumia a continué à lutter à travers ses écrits. Mais les nouvelles conditions d’incarcération affectent directement sa possibilité de recevoir des informations et de diffuser sa parole. Il n’a pas accès aux bulletins d’information, pas plus qu’à son matériel légal ni à sa machine à écrire.... Il y a de puissantes lumières allumées dans sa cellule 24 heures sur 24. Il ne sort pas de sa cellule sans les fers aux pieds, même pour aller aux douches ou pour recevoir de la visite. Peu de visites et très courtes, sans contact physique, dans un parloir en verre. Il est soumis à des fouilles humiliantes aussi bien avant qu’après les visites. Les autorités tardent beaucoup à lui remettre ses lettres quand elles les lui remettent. On ne lui permet qu’un bref coup de fil à son épouse. Il n’a pas accès à des aliments adéquats, ni la possibilité de cantiner. Et Mumia, bien sûr, refuse de couper ses dreadlocks.

La lutte pour sa libération n’est pas terminée.

Gloria Muñoz Ramirez
Traduction en français de Chelmi

jeudi 26 janvier 2012

Montréal : Journée de réflexion sur le militantisme féministe en milieux mixtes

Nous vous relayons cette annonce qui nous est parvenue d'un groupe de femmes féministes de Montréal (et vous invitons à faire de même!). Il s'agit plus précisément d'"une journée de réflexion et de discussion afin de s’outiller en tant que féministes à militer en milieux mixtes. Qu’on soit militante dans les milieux étudiants, anti-capitalistes, anti-racistes, syndicaux, anti-oppressions ou autre, en tant que féministes, nous sommes souvent confrontées à des attitudes et des dynamiques qui découlent du système patriarcal. Nous invitons donc les personnes s’identifiant comme femmes et féministes à participer à cette journée afin d’identifier, de nommer et de contrer ces dynamiques par des moyens concrets de solidarité et d’actions. Cette journée à comme objectif de se réseauter et de se donner des moyens pour continuer à militer comme féministes dans la mixité".

C'est donc le 11 février de 9h à 17h à l'UQAM au local A-2855.

mardi 24 janvier 2012

L'Encyclopédie anarchiste : Le Collectif

Un article toujours fort pertinent tiré de l'Encyclopédie anarchiste, cet ouvrage libertaire monumental de 2893 pages dont l'impression a été achevée en décembre 1934 en France.

Grammaticalement, « le collectif » (nom collectif) se dit d'un mot qui, bien qu'au singulier, désigne un groupe ou un assemblage de personnes ou de choses. (Une nation, une armée, un nombre.) Dans le domaine économique et social, il a une toute autre signification.

Si, en biologie, on considère que la vie se présente comme une lutte constante entre deux facteurs, dont l'un est l'être vivant et l'autre le milieu ambiant et l'hérédité ; en sociologie, on peut admettre également, que la vie des sociétés se présente comme une lutte constante entre deux facteurs, dont l'un est le collectif et l'autre le particulier. Philosophiquement et scientifiquement, le « collectif » a, depuis longtemps, triomphé du « particulier » et il semblerait puéril de soutenir une thèse cherchant à démontrer que le concours de tous n'est pas nécessaire pour la vie harmonique des sociétés. Même dans la vie pratique de nos temps modernes, on a été contraint de donner certaines satisfactions, plus apparentes que réelles, il est vrai, mais qui marquent, néanmoins, une victoire, au collectif, et l'application de lois constitutionnelles, la prépondérance de l'esprit démocratique, même dans les puissances à régime monarchique, est une conquête du collectif sur le particulier.

Pour ceux qui ont, sociologiquement, « une croyance finaliste », c'est-à-dire qui conçoivent un but à atteindre et luttent pour s'en approcher ― c'est le cas pour les anarchistes ― le collectif ne se manifestera que lorsque sera complètement vaincu « le particulier ». (Nous ne donnons pas, ici, au mot « particulier », un sens péjoratif et ne l'employons pas dans le sens commun. Il représente, comme nous le disons plus haut, un des facteurs de la vie des sociétés modernes. Nous n'en faisons donc pas le synonyme « d'individu », mais il signale à notre esprit l'élément qui s'oppose à la réalisation, dans le domaine économique et social, du bonheur de la grande majorité des individus.)

Il a suffisamment été démontré que toutes les richesse sociales, que tous les moyens de production sont détenus par une faible minorité qui tient courbé sous son joug tout le restant de la population mondiale, pour que nous n'ayons pas besoin d'insister ; or, du point de vue Anarchiste, l'on ne peut considérer que comme arbitraire cet ordre social et nous estimons que tout doit appartenir à tous, c'est-à-dire au « collectif ».

Il peut sembler paradoxal, que malgré le développement des idées, et des démonstrations philosophiques et scientifiques qui concluent nettement en déclarant que l'ordre social continuera à être troublé tant que l'ensemble des individus ne sera pas assuré de sa vie matérielle, on en soit encore au règne du Capital et de la ploutocratie et que les intérêts collectifs soient sacrifiés aux intérêts particuliers. Les raisons en sont pourtant bien simples. Les diverses écoles sociologiques ont toujours cherché à libérer le peuple politiquement sans vouloir comprendre que la liberté politique était subordonnée à la liberté économique et que jamais la collectivité ne sera libre tant qu'elle ne se sera pas rendu maîtresse d'elle-même en livrant à tous les moyens de production détenus par le particulier.

De là découlent toutes les erreurs, et si la démocratie qui prétend être le régime politique qui favorise les intérêts de la masse, bénéficie d'un si large crédit, c'est que la masse elle-même s'est laissée prendre à cette Illusion de la liberté politique.

D'autre part, l'individu est assez lent à assimiler les idées nouvelles. Il est attaché par l'hérédité et par l'ambiance aux vieux préjugés, et l'amour du calme et cle la tranquillité l'éloigne de tous les mouvements révolutionnaires qui permettraient à la collectivité de conquérir son indépendance. II faut, pour qu'une idée produise ses effets, qu'elle pénètre dans la grande majorité des masses. Une fois les masses convaincues, l'idée se matérialise ; sinon, elle est accaparée par ceux qui la déforment et n'en retirent que ce qui peut servir leurs propres intérêts.

Cependant, « le Collectif » gagne chaque jour du terrain. Si nous disons que le régime monarchique constitutionnel est un progrès sur le monarchisme absolue, et que la démocratie est un progrès sur le monarchisme constitutionnel, ce n'est pas par opportunisme, ni pour soutenir l'un ou l'autre de ces régimes. Les Anarchistes sont convaincus de la novicité de toute organisation sociale d'inspiration politique, et par conséquent d'essence autoritaire ; mais ils sont obligés de reconnaître que, au point de vue moral et intellectuel, l'esprit démocratique est une victoire partielle du collectif sur le particulier. La démocratie n'est que le « purgatoire » offert sur la terre aux masses populaires par les politiciens. Il faut donc, pour établir un ordre social stable et qui donne satisfaction non pas à une majorité mais à tous les individus, la victoire totale du collectif sur le particulier. Et cette victoire ne doit pas être politique, mais économique. Politiquement, la victoire de la collectivité ne peut être qu'un mirage, une illusion et ne peut que perpétuer l'asservissement de l'individu.

Certains anarchistes individualistes s'effraient de la victoire du collectif et sont adversaires du Communisme anarchiste. Nous ne pensons pas qu'il y ait là un danger pour l'individu ; car si, sur le terrain de la production du travail matériel, il est indispensable en vertu même des lois du progrès, de la science et de la nature, d'unir les efforts de tous pour amoindrir les efforts de chacun, il sied de reconnaître que dans le domaine des idées, des choses de l'esprit, le collectif peut être une source de contrainte et il faut laisser à chaque individu sa liberté pleine et. entière, qui ne peut être subordonnée à la volonté d'un groupe ou d'une association quelconque.

Jules Chazoff

dimanche 22 janvier 2012

Lock-out de Rio Tinto Alcan à Alma : Le scab

À tout ceux et toutes celles qui réalisent actuellement le travail des travailleurs et travailleuses en lock-out de Rio Tinto-Alcan à Alma, ces mots signés de la plume de Jack London vous sont désignés :
TRADUCTION : "Après que dieu eut achevé le serpent à sonnette, le crapaud et le vampire, il lui restait de la matière affreuse avec laquelle il fit un SCAB. Un SCAB est un animal à deux pattes avec une âme tire-bouchon, une tête pleine d'eau et une colonne vertébrale faite d'un mélange de gelée et de colle. À l'endroit où les autres ont un coeur, il porte une tumeur de principes corrompus... Judas Iscariote était un gentleman à comparer à un SCAB. Pour avoir trahi son maître, il eut le caractère pour se pendre - le SCAB ne l'a pas... Il n'y a rien de plus bas qu'un SCAB." - Jack London

Népal : Importantes mobilisations de squatters à Katmandou, contre une campagne d’expulsion menée par le gouvernement

Lu sur Squat!net: D’après des articles parus dans la presse de masse népalaise, des squatters ont organisé une marche aux flambeaux le 16 janvier dans la ville d’Itahari, pour protester contre la campagne d’expulsion menée par le gouvernement à l’encontre des sans-abri-e-s vivant le long de la rivière Bagmati, à Katmandou, ainsi que dans d’autres contrées du pays.

La marche s’est terminée devant la mairie d’Itahari. Là, des membres de l’organisation népalaise « United National Squatters’ Front » ont tenu des discours très critiques envers les opérations d’expulsion sans relogement, qui ont déjà mis fin, dans les derniers temps, à 225 foyers occupés dans la région de Kailali. Les squatters ont annoncé savoir qu’il pourrait en être de même prochainement dans les régions de Morang, Sunsari et Siraha.

Un appel à tous les squatters a été lancé pour s’unir contre la campagne d’expulsion du gouvernement.

Le 17 janvier, une manifestation s’est tenue à Katmandou, et celle-ci a tourné à l’émeute : au moins treize véhicules ont été vandalisés (notamment des véhicules appartenant à Yeti Airlines et au journal Nepal Samacharpatra Daily). Des affrontements ont opposé squatters et policiers dans différents quartiers de la ville.

Dans la journée, la police a arrêté 427 personnes (dont 166 femmes, précise un article d’Himalayan Times) pour avoir vandalisé des véhicules et essayé de bloquer la circulation automobile, pour la quasi totalité à Katmandou.

Quelques autres personnes ont été arrêtées à Bhaktapur et à Thapathali.

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L’organisation Samyukta Rashtriya Sukumbashi Morcha et six différentes organisations népalaises de squatters avaient appelé à une grève générale à Katmandou pour ce jour-là, mais celle-ci n’a, semble-t-il, pas été suffisamment suivie. Il est toutefois remarquable qu’un appel à la grève générale puisse être lancé par des organisations de squatters sans que cela ne paraisse évidemment comme un coup d’épée dans l’eau. Cela s’explique sans doute par la forte présence de courants maoïstes dans l’ensemble du pays, les dites organisations de squatters étant vraisemblablement dirigées par des maoïstes (on parle en tout cas de « leaders » et compagnie).

vendredi 20 janvier 2012

Centre de drones d'Alma : Souriez vous êtes filmé-e-s

Il y a près de deux mois, nous relations sur le blogue la promotion d'un projet de centre de drones à Alma. Nous notions d'ailleurs que les multinationales CAE (Canada) et Aeronautics (Israël) voulaient y développer de nouvelles applications commerciales aux drones, ceux-ci étant présentement surtout connus pour leur utilisation militaire américaine au Pakistan, en Afghanistan, en Libye et au Yémen, où ceux-ci ont acquis une réputation d'engin de Terreur avec des centaines de civils innocents tués. La chaîne de télé Russia Today rapporte, dans la capsule vidéo disponible plus bas, l'emploi de plus en plus répandu des drones par la police américaine. Avec la militarisation progressive de cette dernière, les drones employés normalement en zone de guerre ont été utilisés par les forces de police, notamment durant le rassemblement Occupons Wall Street à New York. Qui peut accepter à notre place de se faire surveiller à notre insu? Alors que les États-unis pontifiaient la démocratie et le droit de manifester pour saluer les rébellions du "Printemps arabe", il apparait de façon flagrante que le pays est entré dans une dérive autoritaire depuis l'automne 2001 - une raison aillant alors été trouvée pour légitimer une surveillance généralisée et permanente, atteignant le droit à la vie privée (notamment celui de manifester) des gens des classes pauvres et moyennes à l'intérieur du pays. Il est très plausible que ce soit ce type d'appareil de surveillance qui soit prévu pour la commercialisation dans le projet de centre de drones d'Alma.

Jonquière : Lancement de Le Saguenay autrement et Abécédaire de maire de Pierre Demers

Les éditions des Poèmes animés lancent, le jeudi 26 janvier à 17 he au Café-théâtre Côté-Cour, Le Saguenay autrement et Abécédaire de maire de Pierre Demers. Recueil de chroniques plus ou moins impertinentes publiées en 2010-2011 dans le cyberjournal du Saguenay–Lac Saint-Jean, LBR.ca et dans L’Aut’Journal.

La seconde partie de l’ouvrage est une anthologie de quelques centaines de citations du maire de Saguenay, classées par ordre alphabétique et par thèmes, glanées dans différents médias au cours des ans. L’écrivain/éditeur Victor-Lévy Beaulieu a signé la préface inspirée de ce Saguenay autrement avec la verve et le style mordant qu’on lui connaît.

À 18 heures, suivra le lancement du recueil de poésie et de photographies, Mes jours voyagent de Gérald Savard. Un ouvrage publié à compte d’auteur par Gérald qui poursuit une pratique d’écriture et d’arts visuels, teintée de performance depuis quelques années.

Les deux ouvrages sont disponibles chez les auteurs et dans les libraires indépendants Les Bouquinistes à Chicoutimi et Marie-Laura à Jonquière.

Une soirée de poésie des Poèmes animés sur le thème de Rien ne sert de courir… suivra à 20 h 30. Entrée 5$.

Sera disponible en plus des publications des auteurs, un nouvel arrivage de poupées vaudou spécialement fabriquées pour le lancement. Un vin d’honneur et un goûter seront servis.

jeudi 19 janvier 2012

Lock-out à la Rio Tinto-Alcan d’Alma : Un conflit évitable?

Nous republions le texte suivant de Francis Ouellet, un travailleur de Rio Tinto-Alcan d’Alma, pour la vue qu’il offre sur les conditions qui ont mené au déclenchement du lock-out le 30 décembre 2011. Pour éviter que le conflit de travail ne soit une défaite amère pour les travailleurs et travailleuses après de douloureux mois, non seulement est-il important de rallier les travailleurs et travailleuses à travers la planète, mais plus concrètement encore, il faut développer localement un bastion de résistance de la base militante pour passer de la défensive à l’offensive. Le rapport de force qui s’exerce entre les parties patronale et syndicale se construit; il n’est pas seulement le fait des conditions objectives des parties, puisque les militants et militantes de la base sont en mesure de transformer la lutte et ses terrains. Les faits, depuis l’annonce du lock-out, démontrent jusqu’à présents que Rio Tinto-Alcan est toute à son aise devant le gouvernement, le système judiciaire, la Sûreté du Québec, les 5 églises d’Alma, la petite bourgeoisie régionale et les radios populistes de droite. Le ton est clair, seule l’action directe, collective et sans intermédiaires larbins, changera la donne.

Un conflit évitable?
Lbr.ca / Je n’y crois pas. Le lock-out a peu de lien avec les négociations. Pour RTA, ce conflit n’est qu’une opportunité d’affaire. La production est en baisse, mais c’est une conséquence négligeable. Présentement RTA fait d’énormes profits avec la vente d’électricité. Ils font du dumping la nuit vers les États Unis. La baisse de production à Alma, Shawinigan et d’Alcoa diminue les inventaires mondiaux et augmente le coût à la tonne. Déjà la semaine passé le coût avait augmenté de 100.00$.

RTA possède plusieurs entreprises au Québec. Nous allons servir d’exemple pour les négociations futur. Ils vont tout faire pour rentabiliser leur décision de nous fermer.

Je suis à mon 7ième contrat et je travaille pour Alcan depuis 25 ans. Depuis toutes ces années, c’est la première fois que je vois une telle préparation de la part de l’entreprise. Ils nous menaçaient de nous sortir en lock-out depuis un peu plus d’un an. Ils nous disaient sur le plancher « qu’ils allaient mettre des sous-traitants dans tous les services. Que tous les travailleurs qui allaient sortir à la retraite allaient être remplacés par des sous-traitants ». RTA a très bien préparé le terrain pour la fermeture. Ils savaient qu’en diffusant sur le plancher de telles allégations, leurs offres seraient refusées.

Je les ai tellement pris au sérieux que j’ai vendu ma grosse maison à Jonquière pour m’acheter un petit bungalow près d’Alma, en avril. J’ai payé toutes mes dettes. Je me prépare à ce conflit depuis un an. J’ai demandé à ma conjointe de se trouver du travail, elle a été femme au foyer presque 30 ans. Pour ceux qui ont des doutes sur cette décision, pourquoi j’aurais accepté de voyager pendant 15 ans sans jamais me plaindre et que subitement je décide de changer de vie à l’approche de ma retraite?

Le seul intervenant qui peut mettre fin à ce lock-out déguisé est RTA. Nous avons donné un vote de grève à près de 90%, le but était de négocier à force égale.

Je dis depuis le début : « ce lock-out n’a aucune raison d’être ». La compagnie nous a sorti sans aucun prétexte valable. Aucune baisse de production, aucun bris sérieux, aucune agression envers les cadres. Malgré tout, RTA essaie de faire porter l’odieux au syndicat.

Il ne faut pas oublier que c’est RTA qui nous a sortis sauvagement le 30 au soir. Le 31 si les travailleurs ne s’étaient pas présentés au travail pour réclamer leur « JOBS », RTA se serait fait un plaisir de dire que nous étions en grève pour cause de ne pas s’être présentés au travail à la fin de notre contrat.

Présentement nous croyons avoir encore suffisamment de force pour négocier. Mais dans un contexte de mondialisation où le rendement des entreprises est proportionnel à l'appétit démesuré des actionnaires, la disparition des valeurs syndicales sonnerait le glas de conditions de travail décentes et acceptables pour tous. Nous, les 780 travailleurs de l’usine Alma, sommes bien petits devant la machine RTA. D’où l’importance de se rallier à toute la population du Québec et d’ailleurs. Avec tous ceux qui croient à la possibilité de garder de bonnes conditions de travail dans le futur pour nos enfants et les générations à venir.

Francis Ouellet

mercredi 18 janvier 2012

Feu sur la pensée dominante : 1er catalogue de la Distro du Collectif Emma Goldman

Assez peu de gens savent qu’un infokiosque anarchiste, féministe et écologiste, c’est-à-dire un « centre social » autogéré de diffusion et de consultation régional, a manqué de très peu ouvrir ses portes à Chicoutimi à l’été 2011. Déjà en juillet, le comité constitué pour monter le projet avait loué un emplacement sur la rue Racine, et planifié les besoins et l’organisation de celui-ci. Malheureusement, un changement important dans la location peu de temps avant l’ouverture prévue ramena le projet à l’étape de la recherche d’un local. Ces obstacles rencontrés n’ont toutefois pas enterrés le projet, bien qu’une autre formule puisse également être considérée une prochaine fois. D’ailleurs, si vous êtes au courant de la disponibilité d’un local à très bas coût pour un organisme sans but lucratif, nous serions ravi-e-s d’en avoir mot.

Cette parenthèse pour en venir au sujet principal de ce message. Afin de favoriser la diffusion d’ouvrages et brochures anarchistes, féministes et écologistes dans la région, le Collectif Emma Goldman rend publique, dès cet hiver, une feuille périodique cataloguant une partie du matériel que les gens peuvent se procurer auprès du collectif. Le tout demeure bien sûr sans but lucratif et tous les bénéfices engrangés serviront à aider les militantes sociales et militants sociaux de la région à défrayer une partie des coûts reliés à leurs activités.

mardi 17 janvier 2012

L'Encyclopédie anarchiste : La Résignation

Un article toujours fort pertinent tiré de l'Encyclopédie anarchiste, cet ouvrage libertaire monumental de 2893 pages dont l'impression a été achevée en décembre 1934 en France.

Résignation : (du bas latin resignatio, même sens), n. f. renonciation à un droit, à une charge, à un office en faveur de quelqu’un. (Dict. Larousse). Fig. Acte de la volonté qui accepte une situation, qui renonce à lutter contre elle ou à s’en plaindre. La résignation est la vertu du malheur (Beauchêne). Résignation de soi-même, renoncement à soi-même. (Dict. Larousse).

Il est tout à fait compréhensible que les maîtres, les puissants, les profiteurs, les spoliateurs, les exploiteurs admirent cette vertu chrétienne qu’est la résignation puisqu’elle est, par cela même, le contraire de la révolte.

La patience et la résignation, sont les principales vertus du chrétien.

Se résigner, n’est-ce pas capituler devant les plus malins, les plus fourbes ? N’est-ce pas se condamner soi-même à tout subir plutôt que de faire acte humain, fier, viril devant l’odieux, devant le mal ? Si ce n’est qu’une vertu bourgeoise, c’est une vertu aimée des bourgeois, non pour eux-mêmes, mais pour ceux dont ils profitent, contre ceux qu’ils dupent, qu’ils trompent, qu’ils exploitent, qu’ils commandent, qu’ils asservissent. Tous ceux qui vivent sans produire ; tous ceux qui sont riches de la misère de leurs semblables ; tous ceux qui vivent dans l’opulence et dans l’orgie et crèvent un jour de pléthore pendant que d’autres vivent toujours mal et meurent de froid ou de faim ; tous ces gavés, tous ces repus aiment et prêchent la résignation des pauvres.

Des prêtres qui se prétendent disciples du Christ, dodus et replets, ne craignent pas de conseiller aux pauvres la prière et la résignation. Ils recommandent aux malheureux de ne pas envier les heureux et de ne rien faire contre eux, Ne sont-ils pas sur la terre pour faire le bien, ces bons riches, et s’il n’y avait pas de pauvres, ils ne pourraient plus se rendre agréables au seigneur en faisant l’aumône. Le pauvre est l’élu de Dieu et ce qu’il souffre sur la terre lui sera compté dans le Ciel où tout se paie et se compense par un bonheur éternel. Déjà, le pauvre est assuré d’avoir sa place au Paradis, s’il sait se résigner à son sort, ne pas maudire les auteurs de ses maux et supporter ses malheurs, car Jésus l’a dit : « Il est plus difficile à un riche de passer par la porte du Ciel qu’à un chameau de passer par le trou d’une aiguille ». En attendant, aucun, riche, aucun prêtre, n’a poussé l’amour de la pauvreté jusqu’à sacrifier son bien-être, sa situation en se privant de tout pour le donner aux pauvres. Si quelques-uns sont allés jusque-là dans leur amour du prochain, ils ont paru tellement extraordinaires qu’on les a canonisés si l’on n’a réussi à les faire passer pour déséquilibrés et hospitalisés comme tels. Il y a eu des Vincent de Paul, sans doute. Mais qui n’a connu des êtres semblables dans le civil qui, eux, n’attendaient pas une récompense au Ciel pour l’éternité ? On ne peut, certes, pas dénigrer une personne dévouée à l’extrême, douée d’un désintéressement sans limite jusqu’à risquer tout, même sa vie, pour aider un malheureux, consoler un affligé, soigner un malade contagieux, etc. ; mais cela n’a rien à voir avec la résignation puisque ces êtres d’élite font le bien pour leur satisfaction personnelle ou dans l’intérêt de leur âme pour mériter la récompense céleste. Ils se résignent à assurer leur bonheur éternel.

La Résignation, pour nous, c’est le manque d’énergie à réagir contre le sort, contre la malchance, contre la destinée, contre tout ce que vous voudrez. C’est la lâcheté qui fait la résignation de ceux qui souffrent injustement et les empêchent ainsi de chercher les causes véritables de leurs souffrances, les auteurs impunis de leurs malheurs.

C’est parce qu’il y a de la Résignation que l’Injustice sociale se perpétue et que les méchants ; les fourbes, les cyniques vivent sans crainte d’expier leurs forfaits, ayant pour eux toute une organisation effroyable pour les protéger dans leurs exploits au nom de la Légalité, du Droit, de l’Autorité, de la Propriété, de la Justice et de la Force !

Que la Résignation, cette vertu des eunuques, des abrutis et des lâches cesse un jour de tenir dans le cœur et le cerveau des miséreux la place de la Révolte et l’on verra soudain resplendir la vraie Justice.

Georges Yvetot

lundi 16 janvier 2012

Harper de retour au Saguenay

La grande caravane de l'honorable premier sinistre du Canada prend demain la direction de la superbe ville de La Baie, honorablement abandonnée par les pouvoirs publics lors de la fermeture de l'usine d'Abitibi-Consolidated, soldée par la mise à pied 640 travailleurs et travailleuses. Une image mouvante de l'artiste Alex Fatta de Québec:


dimanche 15 janvier 2012

Ontario : Autre grand lock-out chez Caterpillar

À ce moment même, en plus de celui de Rio Tinto-Alcan à Alma, un autre important lock-out touche près de 420 travailleurs et travailleuses de Caterpillar en Ontario, où la convention collective s’est également terminée le 31 décembre dernier. Les enjeux soulevés dans l’une et l’autre des négociations sont bien différents, mais il n’en demeure pas moins que ces 2 lock-outs, totalisant près de 1200 lock-outé-e-s, sont le symptôme des attaques de la Grande entreprise pour la concentration de plus en plus de richesses. Les militants et militantes de base de ces deux industries n’ayant rien à attendre de gouvernements complaisants, voir même collusifs à certains degrés, avec ces affronts patronaux, il est temps ou jamais de passer à l’action et de se tenir au coude-à-coude pour bloquer la casse de notre futur. Nous publions plus bas notre traduction d’un communiqué de nos camarades de Common Cause de la ville de London, en Ontario (ville touchée par le lock-out à Caterpillar). La solidarité s’organise en Ontario et des dizaines de milliers de personnes sont déjà attendues à une Journée d’Action contre Caterpillar, le 21 janvier à London, dont un bloc anticapitaliste organisé par le rassemblement Occupons London Ontario.

Common Cause supporte les travailleurs et travailleuses du syndicat CAW Local 27 dans leur lutte pour un salaire décent. L’année 2012 a commencé avec une attaque flagrante contre la classe ouvrière. Electromotive Diesel (EMD), propriété de Caterpillar, a demandé une coupure salariale de 50% et des concessions majeures sur les pensions et les avantages. Quand les travailleurs et travailleuses ont refusé d’accepter cette offre, la compagnie les a mis en lock-out au premier jour de l’année. Ceci démontre bien que la classe capitaliste, le « 1% », est seulement intéressée à ses propres profits et est prête à arrêter tout ce qui ne rejoint pas son but.

Les événements à l’EMD donneront le ton à la lutte contre l’exploitation à London, au Canada et au-delà. Que le conflit se termine en victoire ou en défaite, cette lutte est importante pour tous les gens qui travaillent, et nous devons faire tout ce que nous pouvons pour gagner. S’il est mobilisé, le pouvoir du mouvement ouvrier peut arrêter les patrons sur leurs pistes.

Common Cause supportera les travailleurs et travailleuses sur les lignes de piquetage, s’ils et elles choisissent d’occuper l’usine, et dans les autres actions qu’ils et elles décideront de prendre. Il s’agit d’une opportunité pour les travailleurs et travailleuses de prendre le contrôle de leur propre milieu de travail – d’arrêter d’être sur la défensive et de passer à l’attaque.

Nous encourageons les autres anarchistes, militant-e-s communautaires et syndicalistes à se mobiliser en support des travailleurs et travailleuses de l’EMD. La Ontario Federation of Labour a lancé l’appel pour une Journée d’action le 21 janvier contre Caterpillar. Il y aura une grande manifestation pour montrer notre force, commençant à 11 heure du matin au Parc Victoria.

Si vous ne pouvez vous rendre à London pour le 21 janvier, parlez du conflit à vos voisin-e-s et vos collègues de travail et commencez à organiser des lignes de piquetage de solidarité devant un magasin Caterpillar près de chez-vous.

Common Cause – Branche de London

samedi 14 janvier 2012

Question/Réponse sur l'anarchisme : Comment pouvez-vous dire que l’anarchisme est un mouvement politique?

Traduit du site du Workers Solidarity Movement : Le mot anarchie tient ses origines du grec an-archos, qui signifie l’absence de dirigeant. Depuis la deuxième moitié du 19ième siècle, l’anarchisme a développé une théorie politique définie qui a pour objectif la création d’une société sans patrons et sans contrôle autoritaire. Les gens se demandent souvent pourquoi un mouvement politique utilise-t-il le mot anarchie, étant donné ses associations courantes avec la destruction et le banditisme. Et bien, peut-être que certaines destructions sont nécessaires – pour le capitalisme, la guerre et l’empire, dans les mains desquels les humains et notre planète ont tant souffert.

L’anarchiste italien, Errico Malatesta, critiqua l’idée que l’anarchie serait le loup-garou que tentent de nous faire croire ceux au pouvoir : « [si vous] convainquez le public que le gouvernement n’est pas nécessaire, mais extrêmement néfaste [, alors] le mot ‘anarchie’, précisément, car il signifie ‘sans gouvernement’, deviendra égal à parler ‘d’ordre naturel, d’harmonie des besoins et des intérêts de tous et toutes, de liberté complète et de solidarité complète’ ». Quand le Sunday Independant et le Sky News utilisent le mot anarchie, c’est pour décrire le chaos et le désordre. Ces porte-paroles des riches ne pourraient jamais imaginer un monde sans dirigeants forts et ordres imposés d’en haut, aidés par une police très équipée, des Cours de justice et des prisons. Ce message des patrons n’a pas toujours été considéré comme une sorte de vérité éternelle.

À différentes époques, dans des places aussi éloignées l’une d’entre elles comme le Mexique, l’Espagne, l’Ukraine et la Corée, les mots ‘anarchie’ et ‘anarchisme’ ont porté de très différentes associations. Pour des millions de travailleurs et travailleuses dans ces endroits, l’anarchisme a voulu dire l’organisation pour un monde basé sur la solidarité et l’aide mutuelle, pour un monde que Rudolf Rocker décrit comme nécessitant « l’abolition des monopoles économiques et de toutes les institutions politiques et sociales coercitives de la société ». Il s’agit d’un monde dans lequel, à la place du capitalisme, nous aurions « une association libre de toutes les forces productives basée sur le travail coopératif, qui aurait pour unique but de satisfaire les besoins nécessaires de tous les membres de la société ». Pour les travailleurs et travailleuses dans les pays où l’anarchisme a développé de fortes bases, il est devenu une idée libératrice, quelque chose à être embrassé et pas du tout quelque chose à craindre.

Dans les dernières années, en Irlande, le Workers Solidarity Movement s’est efforcé de construire une acceptation que l’anarchisme peut être une force politique pour la liberté et l’égalité. À Dublin et Cork, une participation anarchiste soutenue dans le militantisme de gauche a amené de la crédibilité à nos idées et a donné la chance de démontrer la valeur de nos propositions en pratique.

L’absence d’un dirigeant ou d’un gouvernement ou d’un monarque ne signifie pas nécessairement l’absence d’organisation, de paix ou d’égalité. En fait, la véritable égalité ne peut pas être réalisée aussi longtemps qu’il y a des gouvernements et des gouverné-e-s. Les décisions dans les mains de ceux et celles directement impliqué-e-s et la richesse dans les mains de nous qui la produisons – la classe ouvrière; voila le changement que le monde a besoin de voir et ce n’est ni une tâche rapide, ni une tâche facile. Quand tout cela est dit et fait, vous êtes jugé-e-s sur ce que vous faites et non pas ce que vous avez annoncé.

mercredi 11 janvier 2012

Un discours d'Emma Goldman sur le patriotisme


Afin de souligner la 500ième parution de ce blogue, nous avons cru bon de revenir sur la femme dont le collectif porte le nom, Emma Goldman. Voici donc un discours d'Emma Goldman (lu par Sarah Oh) sur le patriotisme initialement réalisé au déclenchement de la Première guerre mondiale, en 1914, à San Francisco. Pour les troupes de théâtre qui pourraient lire ce blogue, rappelons que la date limite d'inscription pour le 7ième Festival international de théâtre anarchiste de Montréal (mai 2012) est le 20 janvier.


mardi 10 janvier 2012

Crise financière : Leur dette, c'est leur intérêt !

Nous republions ce texte écrit par nos camarades français et françaises d'Alternative Libertaire (no. 213, janvier 2011). Le texte frappe à tel point la même chose s'applique au Québec, nous rappelant bien le caractère mondial de cette crise économique et des attaques frontales de la bourgeoisie contre les droits sociaux. À méditer!

Nous ne sommes pas responsables de la crise de la dette : nous n’avons pas à la payer. Or, quel que soit le prochain président de la République, il appliquera un programme d’austérité drastique pour plaire aux marchés financiers. Nous sommes la « gauche de la rue », n’attendons rien des urnes et organisons la riposte !

Le capitalisme est en crise. Une crise qui provient du cœur même de la machine. Depuis les années 1970, le capitalisme nous écrase toujours plus, baisse les salaires directs, mais surtout indirects (primes, retraites, allocations…). C’est à ce prix qu’il a pu maintenir ses profits.

Les travailleurs et les travailleuses, les États eux-mêmes ont pourtant voulu continuer à consommer… mais à crédit, du coup. Et ce qui est vrai pour les salarié-e-s l’est aussi pour l’État : l’endettement, aussi bien public que privé, a explosé ces dernières années, de nouveaux crédits devant rembourser les intérêts de crédits précédents. C’est le serpent qui se mord la queue.

Pourquoi il faut refuser de payer leur dette

Mais au fait, dans quel but les États se sont-ils endettés ? Pour assurer une meilleure redistribution des richesses ? Pour aider les plus démunis ? Non. C’était pour financer les cadeaux faits aux capitalistes (« bouclier fiscal », privatisations, exonérations de charges…) !

L’endettement des États est une manière d’alléger les impôts des riches et d’éviter de redistribuer les richesses. Si les États se financent en empruntant sur les marchés financiers, c’est parce que, dans les années 1980, ils ont choisi de substituer un financement par endettement au financement par l’impôt. En France, la décision a été prise par le gouvernement socialiste de Pierre Bérégovoy. La dictature des marchés, dont les gouvernements se plaignent, résulte en fait d’une servitude volontaire de la part des États. Les deux avancent main dans la main pour enrichir les classes privilégiées et pressurer les travailleuses et les travailleurs.

La même logique est à l’œuvre dans les plans de rigueur. L’État cherche à éviter aux classes possédantes de payer la crise dont elles sont responsables. Et cela, au nom de la « bonne gestion » et des « marchés », comme s’il s’agissait d’entités surnaturelles planant au-dessus de nous, alors que ce ne sont que des fétiches, du vent.

Refusons la fausse évidence selon laquelle nous vivrions « au-dessus de nos moyens ». Nous vivons avec beaucoup moins que ce que nous produisons. Refuser intégralement de payer la dette, c’est simplement récupérer une petite partie de l’argent qu’on nous a volé.

Comment ne pas payer la dette ? En s’opposant à toutes les mesures d’austérité que les gouvernants (UMP ou PS) veulent nous imposer : coupe dans les budgets sociaux, travail gratuit imposé aux chômeurs, diminution des retraites, privatisation et casse des services publics, etc.

N’attendons rien des urnes

Depuis des mois on sauve l’Europe et l’euro chaque semaine, à la faveur d’un sommet de chefs d’États, qui décide de récupérer des dizaines ou des centaines de milliards, en sacrifiant les budgets sociaux. La semaine suivante, le plan est déjà obsolète, et il faut de nouveau se réunir pour de nouveau « sauver l’Europe ».

On jongle en fait avec des sommes astronomiques, qui n’ont plus aucun sens. La seule chose réelle et tangible dans tout cela, ce sont les coupes sociales, licenciements et baisses de salaire. La guerre aux pauvres est déclarée, et quel que soit le vainqueur du scrutin présidentiel, il poursuivra ce programme. Comme chez nos voisins européens, les partis gouvernementaux ont le même discours : il n’y a pas d’alternative à l’austérité.

La parole est à la gauche de la rue.

Partout dans le monde, il n’y a pas que les puissants qui se réunissent. Peu à peu, le prolétariat se réveille. D’abord « indigné », puis enragé. Il forme une gauche de la rue authentique, sincère, entière, dénuée de calculs politiciens. C’est la gauche des syndicats combatifs, des mouvements sociaux, féministes, antiracistes, de la jeunesse, des luttes contre les privatisations, les licenciements, les délocalisations, la précarité, les discriminations.

Cette gauche de la rue se distingue en tous points de la gauche gouvernementale rose, rouge, ou verte qui aspire à gérer le capitalisme.

Pour peser politiquement, cette gauche de la rue aux contours encore flous devrait se constituer en un front social. Agissant hors du terrain institutionnel et politicien, ce front saurait s’opposer à l’austérité par le rapport de forces et imposer des avancées dans l’ensemble de la société, des entreprises aux quartiers, en passant par les services publics.

Seule l’existence d’un tel front peut rendre crédible une alternative au capitalisme. C’est l’objectif qu’il faut se fixer : construire une société nouvelle, débarrassée des diktats de la bourgeoisie. Une société fondée sur le socialisme et l’autogestion.

Alternative libertaire

dimanche 8 janvier 2012

Défendre Rio Tinto, c'est défendre... le savez-vous au moins?

Avec toute l'agitation de droite que les médias de masse, le Journal de Québec en peloton de tête, font pour que les travailleurs et travailleuses de Rio Tinto-Alcan à Alma, en lock-out depuis le 31 décembre, cassent leur rapport de force face à l'employeur dans cette négociation, il s'entend maintenant des gens affirmer que l'entreprise Rio Tinto serait "digne de respect" et qu'un conflit pourrait la faire fuir. Voyez ce que ceux et celles-ci défendent dans cette brochure "Rio Tinto et le coup d'État fasciste en Espagne", parue aux Éditions Ruptures.

"Au moment de l’achat de l’Alcan par le groupe minier Rio Tinto, en octobre 2007, peu se disait dans les médias à propos de ce qu’était cette compagnie. L’acquisition par un monopole étranger, qui plus est, autorisée par le gouvernement du Québec, occupait les manchettes à points de vue plus critiques. En 2006, par une « entente de continuité », le gouvernement avait accordé nombre de bénéfices à l’Alcan (des centaines de millions de dollars en prêts, renouvellement du bail et du droit hydrique pour produire de l’électricité, bloc supplémentaire d’électricité à rabais,…) pour le maintien et la création d’emplois. Ces avantages ont en bout de ligne permis aux actionnaires de se faire plus d’argent avec la vente de l’entreprise l’année suivante. Comble de l’histoire, nous apprenions ensuite grâce aux dénonciations des travailleurs de l’aluminium que, par une entente secrète entre le gouvernement du Québec et Rio Tinto, le nouvel acquérant pourrait profiter de l’« entente de continuité » d’Alcan, tout en gardant la liberté de fermer ses usines sans sanction punitive du gouvernement1. Sur le sujet, beaucoup aurait pu être rajouté concernant la reconnaissance mondiale de la multinationale minière acquérante, Rio Tinto, pour ses innombrables abus tout au long de son histoire.

Fondée en 1873 par un consortium d’investisseurs anglais et une banque allemande, la Deutsche Bank, qui voulaient exploiter une mine à Rio Tinto, dans le sud de l’Espagne, l’entreprise est aujourd’hui le plus grand groupe minier international sur Terre et est contrôlée par deux sociétés fusionnées, une anglaise et l’autre australienne. On ne compte plus les violations des droits humains et du travail et les dégradations environnementales commises par Rio Tinto, présente sur presque tous les continents : support au régime de l’apartheid en Afrique du sud2, déplacements forcés de communautés autochtones3, avoir mené plusieurs cartels internationaux secrets pour contrôler les prix et la production4, contamination de l’environnement et des sources d’eau potable5, recours à la répression civile et militaire et à des armées privées contre les contestations6, campagnes anti-syndicales dans ses mines7, complicité de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité durant le conflit sécessionniste à Bougainville8, et la liste serait encore longue…

À mi-chemin entre le corporate watch (surveillance des corporations) et la chronique historique, je consacre plus spécifiquement cet essai au rapport de Rio Tinto à la guerre civile espagnole de 1936-1939..."
  • Lire la suite en ligne sur causecommune.net ou procurez-vous la brochure en format papier auprès de nous ucl.saguenay@causecommune.net

vendredi 6 janvier 2012

LAB Chrysotile : Un nouveau vol organisé avec la complicité du gouvernement

La Sûreté du Québec a bien beau assurer aux journalistes (Journal du Québec, 6 jan.) qu'elle travaillera d'arrache-pied pour contrer la corruption monumentale qui se profile à l'horizon avec le Plan Nord, chaque mois les travailleurs et travailleuses du Québec subissent de nouveaux vols d'importance massive et le gouvernement, complice, joue d'opérations de relations publiques devant les médias pour se décharger de toutes responsabilités face aux salarié-e-s floué-e-s. Il est plutôt paradoxal de constater que le gouvernement est pourtant si prompt et aux aguets pour intervenir dans les conflits de travail, notamment avec ses lois spéciales et ses amendes salées contre les grèves "illégales" (peut-on encore parler d'un droit?), quand les grands patrons recherchent ses faveurs.

À Thetford Mines, LAB Chrysotile possède l'une des deux dernières mines d'amiante au Canada, un minerai qui, comme on le sait, a de moins en moins de débouchés dans le monde et est connu comme la première cause de maladie industrielle au Québec (bien sûr les chiffres liés à l'aluminium sont plus nébuleux en raison des traffiquages historiques de l'Alcan). En octobre dernier, la minière mettait au chômage ses 350 travailleurs et mercredi, ceux-ci ont appris que l'entreprise se mettait sous la protection de la loi de la faillite pour une petite restructuration, une opération à la AbitibiBowater. Voilà aujourd'hui que la direction de l'entreprise a annoncé que les fonds de retraite de 650 travailleurs et retraités ne seront pas garantis dans ce plan de restructuration, le déficit en actions du régime de retraite étant évalué à près de 7 millions de $. De son côté, le gouvernement du Québec se dit prêt à aider au financement de la relance de l'entreprise, bien prévue (!) et dans laquelle il est prévisible que les travailleurs (dont le contrat de travail est échu depuis le 30 novembre) se feront littéralement plumer, mais refuse littéralement d'intervenir sur la question du régime de retraite! En bref, une mort jeune et pauvre attend les travailleurs et ex-travailleurs de l'amiante, victimes d'une autre industrie que l'État québécois et le Capital continueront de promouvoir jusqu'à son interdiction totale des marchés mondiaux.

Cette restructuration, ou plutôt cette saignée pour les travailleurs, n'est pas sans rappeler celle d'AbitibiBowater. Avec la complicité du gouvernement, la grande entreprise avait alors pu forcer des concessions outrageuses à ses travailleurs et travailleuses, tout en se délestant de dettes de plusieurs centaines de milliers de dollar envers des salarié-e-s, sous-contractants et PMEs de la région. On se souvient de comment les élites et la bourgeoisie locale s'étaient alors activées à contenir la colère qui menaçait de faire rage. Encore cet automne, nous pouvions d'ailleurs encore les voir à l'œuvre. L'administration municipale de Saguenay, via l'organisme "para-municipal" Promotion Saguenay, allouait plusieurs dizaines de milliers de dollar à la multinationale pour une étude d'experts américains sur la relance de la machine no. 6 - étude qui a fait du bon papier de toilette pour la direction. Puis ensuite, cette grande parade régionaliste faisant miroiter 1000 solutions dans l'alliance entre la classe ouvrière et la bourgeoisie et ses représentants élus - les salarié-e-s se trouvant au final, à nouveau le "cul à l'eau". Et bien, maintenant encore, dans le dossier du lock-out des travailleurs et travailleuses de Rio Tinto-Alcan à Alma, ces mêmes élus (dont Claude Patry et Alexandre Cloutier) et bourgeois disent hypocritement appuyer les syndiqué-e-s, tout en déclarant à tout vent qu'ils désirent une fin rapide du lock-out. Ce type de déclaration ne favorisant nullement l'établissement d'un rapport de force des syndiqué-e-s, c'est bien la paix sociale qu'ils veulent par dessus tout. Il faut voir que ces couches sociales n'ont en fait aucune solution pour nos problèmes régionaux, sinon des dépenses futiles en "plasters" pour leur image publique. Et ce statu quo historique sert bien leur intérêt de classe; la préservation de leurs privilèges sur la majorité de la population en est ainsi assurée.

Le vrai changement viendra de nous-mêmes; passons à l'action directe, à la démocratie directe, à l'autogestion et défendons nos vies !

jeudi 5 janvier 2012

La lutte des classes sur le plancher de travail : Conférence d'une postière, militante syndicale de la base, sur le lock-out à Postes Canada

Entre le 22 et le 25 octobre dernier, nos camarades communistes libertaires d'Ontario, de l'organisation Common Cause, ont organisé une tournée de conférences intitulée "La lutte des classes sur le plancher de travail" dans 4 villes d'Ontario (Hamilton, Toronto, Kitchener et London). La conférencière était une postière, anarchiste et militante syndicale de la base, Rachel Stafford, d'Edmonton.

Nous reprenons plus bas l'enregistrement audio (en anglais) que nos camarades ont capté de la conférence d'Hamilton, tenue le 22 octobre. La conférence se concentre surtout sur une perspective de militantisme en milieu de travail non-dépendante des exécutifs syndicaux, mais plutôt basée sur l'empowerment (la reprise du pouvoir individuel et collectif) des travailleurs et travailleuses pour mener leur propre bataille. Contre le syndicalisme de conciliation, Rachel Stafford explique dans cet enregistrement pourquoi il est important de s'occuper des enjeux soulevés sur le plancher de travail à travers l'action directe, l'éducation populaire et la prise de décision participative afin de ne pas seulement réclamer une "part du gâteau", mais de combattre pour l'entièreté de ce qui nous est du. La conférence offre une vue de terrain du contexte de la récente lutte à Postes Canada, dans laquelle les travailleurs et travailleuses des services postaux sont passé-e-s de la grève au lock-out, pour ensuite être rapidement forcé-e-s à retourner au travail par une odieuse loi spéciale. Cette expérience amère était un exemple clair de la campagne en cours des patrons pour resserrer tous les droits pour lesquels les travailleurs et travailleuses se sont battu-e-s durement (et ont gagné) il y a plusieurs décennies. Parce que les travailleurs et travailleuses des services postaux ne sont pas seul-e-s à faire face aux coupures, à l'exploitation, aux boss avares de profits, et ainsi de suite, elles et ils ont beaucoup en commun avec les autres travailleurs et travailleuses - et nous avons tou-te-s beaucoup à apprendre des luttes menées par les autres.

Rachel Stafford est une postière, anarchiste et militante syndicale de la base, qui a activement milité pour la construction d'un pouvoir ouvrier autant à l'intérieur qu'à l'extérieur des bureaux de poste. Appliquant les habilités et les perspectives qu'elle a développé en tant que membre de l'Industrial Workers of the World (IWW), elle a su organiser l'action directe dans son milieu de travail et a supporté d'autres travailleurs et travailleuses en tant qu'animatrice dans le programme de préparation d'organisateurs et organisatrices de l'IWW.
Écoutez la conférence ici :

mardi 3 janvier 2012

Alma : La position de collaboration de classe du député Claude Patry sur le lock-out des 780 employé-e-s de Rio Tinto-Alcan

Nous republions la lettre ouverte ci-dessous puisqu'il est tout-à-fait juste et nécessaire de dénoncer la position de collaboration de classe que le député NPD du comté Jonquière-Alma, Claude Patry, a publiquement pris dans les médias. Cette prise de parole est particulièrement maladroite au moment où Rio Tinto-Alcan vient d'obtenir de la Cour supérieure une injonction obligeant les travailleurs et travailleuses à reculer leur ligne de piquetage de 150 mètres et à ne pas être plus que 20 dans leurs manifestations. Est-il nécessaire de rappeler que tous les gains que la classe ouvrière a obtenu dans l'histoire du Québec, c'est par les grandes luttes ouvrières, légales ou illégales, qu'elle les a eu? Contrairement à nos politicien-ne-s, curés et businessman, les travailleurs et travailleuses de RTA d'Alma se battent pour la majorité de la population du Saguenay-Lac Saint-Jean et une victoire pourrait signifier des résultats beaucoup plus significatifs que 100 ans de programmes absurdes pour "garder les jeunes dans la région".

Lu sur LBR.ca : "Cher M. Patry,

C’est avec regret que je viens d’apprendre votre position par rapport au lock-out chez RTA. En effet, sur le site de radio-canada vous appelez les deux partis à mettre de l’eau dans leur vin. Si vous, un ancien syndicaliste maintenant député d’un parti supposément à gauche, n’appuyez pas les travailleurs et les travailleuses de RTA, qui le fera ? Votre électorat, c’est-à-dire les gens qui vous ont élu et à qui vous êtes redevable, ce n’est pas RTA, ce sont les travailleurs et les travailleuses de la région. En agissant de la sorte, vous prenez malgré tout le parti de RTA puisque vous laissez les travailleurs face à eux-mêmes.

Avec votre dernière sortie publique, vous ne faites que me confirmer l’impression qui me disait que les politiciens sont à la merci des grandes entreprises et laissent la population seule face aux multinationales et aux intérêts économiques qui brime nos conditions de vies depuis trop longtemps. Si vous n’avez même pas le courage politique d’appuyer les travailleurs et les travailleuses de RTA, des gens qui auraient pu être vos camarades de travail il n’y a pas si longtemps, qu’est-ce que ce sera lorsque vous aurez à vous prononcer sur des questions de société de plus grande ampleur ? Je trouve déplorable qu’une personne qui se dit à gauche comme vous refuse d’appuyer les travailleurs et les travailleuses.

Par ailleurs, l’article de radio-canada se conclu en disant que le conflit pourrait affecter l’économie de la région. En agissant de la sorte, votre discours se rapproche plus de celui de RTA que de celui des travailleurs et des travailleuses… En prêchant les intérêts économiques de la région, vous ne faites que vous mettre du côté de tous ceux que vous avez pu pourfendre lorsque que vous étiez président de votre syndicat à Arvida. Avec les déversements de boues rouges, le nombre de retraités de RTA décédant chaque année des suites de maladies industrielles, les congés d’impôts que RTA bénéficie chaque année et la mainmise que cette compagnie a sur la région, je me demande comment vous pouvez faire pour ne pas appuyer la lutte de ces travailleurs et travailleuses et toujours vous dire de gauche…

À mon avis, les conditions de vie des travailleurs de la région valent beaucoup plus que tous les profits que RTA peut bien faire.

La vie avant le profit…"

Émile Duchesne, Alma

Le massacre des kurdes de Şırnak : La Terreur de l’État turc en action

Traduit pour Anarkismo.net : Le gouvernement du Parti AKP (Adalet ve Kalkinma Partisi, Parti de la Justice et du Développement) au pouvoir en Turquie s’est démené dans les dernières années pour promouvoir sur la scène internationale l’image d’un gouvernement presque « progressiste », soutenant verbalement la cause Palestinienne et condamnant en les termes les plus forts la répression en Syrie. Ceci faisait partie de sa tentative de gagner une position pour la Turquie comme puissance régionale dans le Moyen-Orient, tentant de surmonter la réticence de ses voisins arabes envers elle depuis l’époque de l’Empire Ottoman.

Quand la Turquie a perdu, aux yeux de l’OTAN, la position stratégique qu’elle occupait à la fin de la Guerre Froide, elle a tenté de se tailler une position d’influence dans une région tourmentée par l’instabilité politique. D’un côté, la Turquie a continué de cultiver ses liens avec les États-Unis à travers l’OTAN (tel que démontré par le rôle central du régime d’Ankara dans les négociations de la « transition » en Libye), mais au même moment, à grande dose de démagogie, elle tente de gagner les sympathies du monde arabe en se posant comme favorable aux rébellions pro-démocratie (tout en tentant de les canaliser dans une direction conservative) et à l’auto-détermination Palestinienne. Dans ce double jeu, la Turquie cultive une image néolibérale pour l’Ouest et une image islamique pour l’Est. Pendant ce temps, elle renforce à l’interne ses politiques militaristes et répressives, en particulier envers le peuple Kurde.

Ce n’est pas pour rien que Netanyahou [NDT. le premier ministre israélien], après les protestations du premier ministre turc, Erdogan, suite au naufrage de la flottille pour Gaza, Mavi Marmara, avait fait la remarque qu’au lieu de tant parler des palestiniens et palestiniennes, il devrait porter attention à la situation Kurde dans son propre pays. Cette déclaration de Netanyahou était sans aucun doute odieusement hypocrite. Mais Erdogan est autant hypocrite quand il fait ses joyeuses sorties pontifiant le droit de manifester et le besoin d’une plus grande démocratie dans le Moyen-Orient, se proclamant lui-même un porte-parole du « Printemps Arabe » et un combattant de la cause Palestinienne, alors qu’il opprime, persécute, emprisonne, torture et massacre sa propre minorité opprimée, les kurdes.

Les contestations dans la région kurde furent noyées dans le sang, avec des douzaines de morts, alors que le monde concentrait son attention sur la Libye et la Syrie. Quand le parti AKP a gagné les élections turques pour la première fois en 2002, c’était grâce aux promesses démagogiques de réformes et de modernisation qui, dans une certaine mesure, ont créé des tensions avec l’armée et les nationalistes turcs, les kémalistes, qui détenaient un monopole sur le pouvoir depuis la fin de la Première Guerre Mondiale, quand la République turque fut fondée sur les cendres de l’Empire Ottoman. Ces promesses de réformes et de démocratie incluaient la question Kurde. Il est vrai qu’il fut largement décriminalisé de parler la langue kurde et que la diffusion kurde à la radio et à la télévision est maintenant permise. Mais ces mesures sont, au mieux, symboliques et ne représentent que de simples concessions culturelles. Le régime n’a pas changé du tout la nature de l’oppression ou de la discrimination envers le peuple Kurde, une oppression qu’il vit tous les jours. Et avec l’échec de la stratégie du Parti AKP pour mettre fin à la loyauté des kurdes envers le mouvement pour l’autonomie en jouant la carte islamiste, celui-ci a à nouveau commencé à agiter le sabre, retournant à la traditionnelle politique turque envers les minorités ethniques : les écraser si elles refusent l’assimilation.

Aucun intérêt n’est démontré à résoudre le conflit faisant rage depuis 1984 entre l’État et les guérillas kurdes, le PKK (Partiya Karkerên Kurdistan, Parti des Travailleurs du Kurdistan), en négociant avec les demandes des insurgé-e-s : la restitution des terres et une réforme agraire, l’autonomie politique (et non l’indépendance), la démocratisation à travers des expériences de gouvernance locale participative, le démantèlement des paramilitaires armés par l’État turc (les gardes de village), la pleine égalité des kurdes avec les turcs et la reconnaissance de la nature multinationale de la Turquie, la pleine égalité des femmes, le respect des expériences de pouvoir populaire construites durant la résistance armée. La militarisation des territoires kurdes demeure la même et depuis 2007, nous avons été témoins d’une escalade des actions militaires turques envers les rebelles, avec de plus en plus de bombardements contre les camps insurgés à la frontière avec l’Irak. Depuis 2009, a commencé un processus de persécution politique systématique contre les mouvements sociaux, politiques et populaires du peuple Kurde, avec la fermeture du principal parti kurde, le DTP (Demokratik Toplum Partisi, Parti Société Démocratique) sur des accusations d’être le bras politique du PKK. Sous le parapluie de la loi « anti-terroriste », plus de 3000 représentant-e-s élu-e-s, parlementaires, maires, syndicalistes, académicien-ne-s et intellectuel-le-s, étudiant-e-s, défenseur-e-s des droits humains et gens pauvres ont été emprisonné-e-s sans aucun procès ou accusations fondées, pour l’unique crime de supporter la cause Kurde, pour le crime d’être des kurdes.

Cette chasse aux sorcières n’a pas seulement échoué à éveiller de quelconques condamnations de la soi-disant « communauté internationale », mais à la place, le Renseignement de l’Armée américaine a porté assistance au régime turc, tout en négociant une base militaire américaine en sol turc, dans lequel est maintenu une flotte de UAV Predators [NDT. des drones], qui est responsable de massacres brutaux au Yémen, au Pakistan et en Afghanistan. Les six derniers mois ont vu une augmentation des actes de guerre contre la résistance kurde qui a répondu par des coups bien ciblés contre les forces militaires turques. Cette situation a amené l’armée turque à bombarder et attaquer de façon gratuite, ses actions étant de plus en plus brutales et indiscriminées.

La nuit dernière, cette politique militaire absurde a frappé dans le sang la province kurde de Şırnak, à la frontière avec l’Irak. Un groupe de 50 fermiers fut bombardé par des chasseurs F-16 turcs à un poste frontalier. De ceux-ci, au moins 36 sont morts et 13 sont portés disparus. Les autres ont été sérieusement blessés et il est possible que le nombre de morts augmente. Selon le gouvernement, qui reconnait maintenant son erreur après avoir déclaré dans une précédente déclaration militaire qu’il s’agissait d’insurgés, les personnes attaquées seraient des contrebandiers de cigarettes. Selon d’autres versions, ils étaient de retour du travail ou transportaient du diesel pour usage personnel. Dans tous les cas, ils n’étaient pas des insurgés comme la déclaration militaire le stipulait, et qui fut plus tard rejetée, et il ne s’agissait pas non plus d’une opération militaire « chirurgicale ».

Ce carnage injustifiable a une fois de plus exposé la vraie face du terrorisme d’État en Turquie. Ce massacre expose l’hypocrisie d’Erdogan, dont le régime a les mains tachées du sang Kurde alors qu’il parle cyniquement des droits humains dans d’autres pays. Mais, cela met également en évidence l’hypocrisie d’une « communauté internationale » qui est choquée par la répression en Syrie, tout en assistant silencieusement au massacre du peuple Kurde.

Le peuple Kurde est maintenant mobilisé pour définir son projet politique de libération et pour résister aux quatre États qui l’occupe et l’opprime (la Syrie, la Turquie, l’Iran et l’Irak). Le plus mince sens de la décence et de l’humanité devrait nous inciter à montrer notre solidarité avec celui-ci. Les peuples du monde ne doivent pas permettre à Erdogan d’ouvrir à nouveau sa bouche pour pontifier sur les droits humains où que ce soit. Où que ce soit qu’il se posera comme démocrate et humain, nous nous devons de faire mention d’un seul mot qui sera pour toujours marqué d’une honte terrible, comme un rappel de l’atroce monstruosité du terrorisme d’État : Şırnak.

José Antonio Gutiérrez D.
29 décembre 2011

Traduction du Blogue du Collectif Emma Goldman